Google Chrome, le test

Ceux qui me connaissent ou qui suivent ce blog savent que j’apprécie particulièrement les services Google, par leur simplicité, leur innovation ou le fait qu’ils répondent très bien à ce qu’attend un utilisateur.

Aujourd’hui, Google a sorti une nouvelle (future probable) révolution : Google Chrome, un navigateur web. Encore un ? Oui ! Un simple skin basé sur un moteur d’Internet Explorer ou Firefox ? Non ! Un navigateur home-made, annoncé comme devant répondre aux attentes des utilisateurs et reprenant ce qui se fait de bien sur les différents navigateurs actuels.

Prenant exemple sur la future version d’Internet Explorer, on retrouvera ainsi le fait d’avoir des onglets aux processus indépendants, ce qui a pour avantage de ne pas planter tout le navigateur si un site déconne ; cela présente en revanche un inconvénient reproché par 90% des utilisateurs de Firefox, à savoir une utilisation de ressources plus importante.

Le but de cet article n’étant pas de lister les fonctionnalités, je vous laisse plutôt lire la page Wikipédia de Google Chrome, fournissant la liste des principales fonctionnalités / innovations de ce nouveau navigateur.

Le téléchargement et l’installation s’effectuent sans problèmes. Des plus basiques, l’installation peut très bien se faire en cliquant sur « Suivant » tout au long du processus. Des options avancées sont néanmoins disponibles.

Lancement
Google Chrome se charge quasiment instantanément. Bluffant. Le disque dur ne prend même pas le temps de gratter, la fenêtre principale s’ouvre, la page d’accueil est déjà chargée, reprenant vos derniers sites visités, derniers favoris ajoutés, etc. L’interface dépouillée n’est pas sans rappeler celle de Safari : 3 icones et une barre d’adresse. Ni menu, ni barre d’état, le logiciel est quasiment en plein écran (une fonctionnalité que l’on ne retrouve d’ailleurs pas dans le logiciel).

Page d’accueil
Elle affiche les infos des dernières séances de surf. C’est assez limite pour qui veut protéger un minimum sa vie privée. Evidemment paramétrable, cette page d’accueil est donc optionnelle. De plus, Chrome intègre un mode de navigation sécurisé, permettant de ne rien stocker sur la machine (cookies, historique, etc.) hormis les téléchargements effectués bien évidemment. Idéal pour un ordinateur public : bibliothèque, cybercafé, etc.

Ressources
Problématique récurrente de Firefox depuis ses débuts, Google Chrome seul ne souffre pas d’une imposante quantité de mémoire ponctionné au système. Néanmoins, le système de multi-processus (un par onglet) est à la fois une force et une faiblesse : avec 5 onglets ouverts, la somme totale des processus dépasse 120 Mo alloués au navigateur. Si ce n’est pas alarmant en soi, il aurait été appréciable de voir un navigateur se démarquer des autres à ce niveau. Une fonctionnalité sympa est le gestionnaire des tâches, accessible via les touches Shift + Echap qui affiche la consommation par onglet ainsi que celle du logiciel en lui-même.

Rendu des sites
Mi-lent, mi-rapide, je suis assez mitigé. Certaines sites se chargent extrêmement rapidement, comme s’ils étaient en cache… et d’autres sont moins rapides. Les différents sites que j’ai testé ne sont bien sur pas limités à du HTML, j’ai opté pour des sites ayant recours au Javascript sous toutes ses formes : de simples scripts pour la navigation, aux systèmes reposant entièrement sur des JQuery, Motools ou Prototype. C’est ainsi que Google Maps, Google Mail ou Netvibes s’en sortent assez bien avec un rendu tout à fait normal, Clubic rame pas mal avec ses pages surchargées de contenus, pubs et scripts en tout genre, et Materiel.net est d’une rapidité hallucinante (avec un catalogue tout en AJAX). Ayant testé Chrome assez succintement, je ne me suis pas attardé à savoir quelle utilisation du Javascript était le mieux rendu par le navigateur… Au niveau du rendu, j’ai été impressioné de constater que les sites avec animation flash ne nécessitent pas l’installation du plug-in Adobe Flash Player ! Chrome partagerait-il le plug-in avec les autres navigateurs, déchargant l’utilisateur de cette installation, ou bien intègre t-il nativement ce plug-in ?

Apparence
La barre à tout faire (nommée « Omnibox ») est assez déroutante à la première utilisation, affichant plusieurs infos mélangées lorsque vous tapez les premiers caractères : historique, suggestions, recherche. A force d’utilisation, un internaute habitué s’y fera, néanmoins j’ai peur que cela ne déroute les novices. Les onglets dédiés à l’affichage de l’historique et des téléchargements sont très clairs et mêmes assez classes. L’onglet Historique est par exemple nettement mieux fait que sous Firefox, assez austère à ce niveau.

L’ajout d’un favori est plus que simple : immédiat par un clic sur l’étoile ou un Ctrl + D, il n’est pas nécessaire de valider quoi que ce soit comme pour Firefox 2 ou Internet Explorer. Si vous êtes maniaque ou ordonné, vous pouvez toutefois renommer ou déplacer le favori dans un dossier. Enfin l’absence de barre de menu ne dérange pas, les options étant disponibles à droite de l’Omnibox.

Quant à la barre d’état, celle-ci n’apparait que temporairement pour afficher le statut du chargement de la page, ou bien la cible du lien sur lequel vous pointez votre souris. Elle apparait presque instantanément lorsque vous pointez sur un lien. La plupart des utlisateurs se contentant de cliquer sur un lien sans en regarder la cible, je ne vois pas ce qu’on pourrait reprocher à ce concept.

Enfin, Google n’a pas oublié les développeurs et le débogueur est d’assez bonne qualité, ressemblant fortement à Firebug sur Firefox, avec inspection du code et console Javascript. De même, le code source affiché par l’habituel Ctrl+U est très classe et lisible.

Conclusion
Un navigateur qui tombe du ciel, sans rumeurs ou buzz exagéré, on peut s’attendre à du grand n’importe quoi, qui plus est avec l’appelation « bêta » (bien qu’habituelle avec les services Google). Mais voila, c’est un service Google donc ce n’est pas lancé à la va-vite malgré l’effet surprise. Google Chrome débarque donc en une bêta fonctionnelle et aboutie, peu buggué et en français. Certains pourront reprocher que la bêta ne soit pas sorti sur Mac ou Linux.

Reste désormais à voir comment va réagir le web face à ce nouvel acteur ainsi que les évolutions futures et le développement à venir. En espérant que les développements seront aussi importants que pour Firefox et ses mises à jour régulières, car il serait dommage de se retrouver avec un navigateur mort-né tel MSN Explorer. En bon fan de Google et au vu du potentiel de Chrome, j’ai bon espoir pour que cela n’arrive pas :-)

Ce que j’espère c’est que ce navigateur aura droit à une vrai version Linux pas comme Picasa…

Petite rectification, je ne comprend pas trop quand tu dis : « L’ajout d’un favori est plus que simple : immédiat par un clic sur l’étoile ou un Ctrl + D, il n’est pas nécessaire de valider quoi que ce soit comme pour Firefox ou Internet Explorer. »
Sous Firefox 3, pour rajouter un Marque-Page je n’ai pas besoin de faire 50 clics non plus, juste un clic sur l’étoile présente dans la barre d’adresse et c’est enregistré. Un second clic si on veut bien le ranger et/ou lui rajouter des tags.

Oups exact, je ne suis passé à FF 3 que très récemment, d’où l’erreur ! Au temps pour moi Gio ;-)

Joli test, j’ai a peu près les mêmes sentiment sur ce navigateur plus que prometteur. Je suis surtout séduit par V8 qui est extrêmement rapide et par la fiabilité reconnus de webkit. Pour une version 0.2 c’est au niveau de la concurrence(plugins et fonctionnalités en masse en moins).

Par contre le correcteur orthographique ne reconnait pas certain mots (derniers, pres, etc…)

Je confirme pour « dernier(s) », c’est bizarre… En revanche « pres » s’écrit « près », si toutefois tu parles bien de l’adverbe, donc ça me semble normal qu’il te le souligne :-)

Je viens de lire un article sur PC Inpact qui décortique un peu la licence d’utilisation de Chrome et certains points sont un peu obscurs.

http://www.pcinpact.com/actu/news/45721-google-chrome-publicite-licence-EULA.htm

En effet, mais on sait bien aussi que les licences d’utilisation ne sont généralement pas claires, et que l’utilisateur les accepte sans les lire…